Le 23 juin 2020 | Miami, Floride, États-Unis | Samuel Telemaque de la Division interaméricaine

Le mot aigu désigne une « manifestation soudaine et sévère » sur le bien-être mental, social et émotionnel d’une personne. Durant la COVID-19, bien que les besoins des membres puissent varier d’un endroit à l’autre, les membres de l’école du sabbat semblent avoir des besoins aigus. Ces besoins peuvent faciliter ou gêner leur apprentissage de principes bibliques, d’enseignements, de croyances ou de valeurs. Cet article vise donc à expliquer comment enseigner les leçons de l’école du sabbat en temps de crise. Nous examinerons trois éléments : le contexte d’apprentissage, le passage de la Bible et les enseignants de l’école du sabbat.

Les enseignants de l’école du sabbat devraient découvrir les principaux besoins de leurs élèves, et pour ce faire, ils peuvent utiliser de simples questions, comme « Quels événements préoccupent actuellement leur esprit? », « Quels sont les principaux besoins de leur communauté? » et « Quels effets les événements de l’actualité ont-ils sur leurs émotions? » Ces questions aident les enseignants à évaluer les besoins ou les réalités actuelles de leurs élèves, qui peuvent inclure l’anxiété, l’incertitude, l’ennui, la peur, l’animosité et la rancune.

Les enseignants devraient réfléchir sérieusement aux principales réalités de leurs élèves. Par exemple, en étudiant Daniel 2, on peut entendre des échos d’anxiété. « J’ai fait un rêve et mon esprit est tourmenté par le désir de savoir ce que c’était… Que le roi… Raconte le rêve à tes serviteurs, et nous t’en donnerons l’interprétation. » (Versets 3, 4, BDS) Ces versets transmettent effectivement des sentiments d’anxiété et d’incertitude et des similitudes existent entre ces sentiments et ceux que vivent les élèves. Voilà donc comment les Écritures peuvent donner accès à leurs besoins.

De plus, la Bible donne du sens aux besoins des élèves. L’enseignant peut évaluer les besoins de ses élèves du point de vue des Écritures. Par exemple, Daniel interprète le rêve du roi en lui donnant un sens de certitude, de stabilité et d’assurance d’un avenir meilleur : « Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit » (verset 44). La tâche de l’enseignant est donc aussi d’aider les élèves à découvrir de nouvelles significations des réalités prédominantes. Comme l’anxiété et l’incertitude sont des résultats de l’interprétation que nous faisons des événements courants, l’enseignant peut aider ses élèves à réinterpréter la signification des événements afin de changer les sentiments et les réflexions qu’ils suscitent. Il peut analyser l’événement et ses effets sur ses élèves du point de vue de Dieu, qui donne lui-même du sens à tous les événements et les besoins de la vie. La tâche de l’enseignant est donc d’identifier et d’expliquer ces applications bibliques à ses élèves. Et ces applications ont le pouvoir de changer leur façon de voir les choses ainsi que les sentiments et les actions qui s’en suivent.

Les Écritures donnent également un sens aux besoins humains. Dans le livre des Actes, les païens convertis ne comprenaient pas tout à fait la signification du salut. D’un côté, Paul prônait le salut en Christ sans la circoncision alors que, de l’autre, les dirigeants juifs insistaient sur la nécessité de la circoncision pour le salut. Dieu a donné à Pierre et à Jacques sa perspective sur le salut. Il a utilisé une vision pour clarifier la conception de Pierre alors que c’est le passage d’Amos 9:11, 12 qui a permis à Jacques de mieux comprendre. Les païens convertis, tout comme Pierre et Jacques, se sentaient peu rassurés quant à leur salut, mais Dieu a utilisé la vision et les Écritures pour clarifier leur compréhension de la façon dont il sauve les gens. Dieu accorde le salut à tous par leur foi en Jésus Christ (Jean 3:16, Actes 10:34, 35, Amos 9:11, 12). C’est un don, une grâce. Le point de vue de Dieu sur le salut a transformé leurs sentiments d’insécurité en assurance de leur salut en Jésus.

L’enseignant doit enseigner du point de vue de ses élèves. Leur esprit a tendance à être préoccupé par les effets de la COVID-19. Ces effets peuvent comprendre la crainte, l’anxiété, la distanciation sociale, l’incertitude et les problèmes économiques. L’enseignant devrait donc enseigner en prenant cette réalité en considération, ce qui lui permettra d’être à même de leurs besoins et préoccupations. Les élèves seront ainsi sans doute plus à l’écoute et réceptifs à l’apprentissage.

L’objectif est de donner un nouveau sens aux événements de la vie. L’enseignant utilise les Écritures pour expliquer les perspectives de Dieu sur les besoins humains et les événements courants. Et ce type d’enseignement comporte de nombreux avantages pour les élèves. D’abord, l’enseignant s’identifie aux grands besoins et aux grandes difficultés de ses élèves. Ensuite, cette identification mène à une confiance mutuelle entre les élèves et l’enseignant. Puis, les instructions sont pertinentes pour les élèves et leur résistance au changement diminue. Enfin, les élèves ont tendance à être plus réceptifs aux nouvelles significations bibliques des événements et de leurs besoins. Une transformation du mode de pensée produit une transformation des sentiments et des actions. Les Écritures sont transformatrices, et le Saint-Esprit ainsi que les prières d’intercession viennent appuyer cette transformation, dont l’enseignant est le facilitateur.

Tous les thèmes sociaux devraient être analysés à la lumière des Écritures. La Bible détermine ce qui est bien et ce qui est mal pour toutes les questions d’ordre social. Par exemple, l’anxiété peut être considérée dans le contexte de Matthieu 6:8, où il est écrit que « votre Père sait de quoi vous avez besoin ». Ce contexte nous permet de recevoir une nouvelle appréciation de Dieu, car il se soucie de tout. Il sait tout. Il sait comment donner de bonnes choses à ses enfants. C’est pourquoi il nous dit, « Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus… » (Verset 25) Jésus transforme nos pensées et sentiments. Il est la source de tout, alors pensons à lui. Plus nous pensons à lui, moins anxieux nous serons. Voilà une nouvelle façon d’aborder l’anxiété. Ainsi, l’enseignant peut utiliser les thèmes bibliques pour donner un nouveau sens aux problèmes sociaux.

Le pasteur Samuel Telemaque est le directeur de l’école du sabbat de la Division interaméricaine des adventistes du septième jour.

Traduction : Marie-Michèle Robitaille

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