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19 Novembre 2013 – Silver Spring, Maryland, Etats Unis. Auteur : Ansel Oliver/ANN

Le premier sommet mondial mettant l’accent sur la fidélisation des membres de l’Eglise Adventiste du Septième jour lève le voile sur le taux d’abandon et les raisons pour lesquelles les membres s’en vont par la porte de derrière. C’est la première fois que la question est considérée avec autant d’ampleur, amenant les leaders de l’église à renouveler leur emphase sur la formation de disciples du Christ qui portent du fruit et qui croissent.

Le chercheur Adventiste, Monte Sahlin, fait une intervention au sommet sur le Développement et la Fidélisation des membres le lundi 18 novembre au siège mondial de l’Eglise Adventiste. Plus de 100 participants ont examiné les données relatives à la raison pour laquelle les membres laissent l’église, et aussi la manière dont l’emphase placée sur le discipulat est un élément clé pour empêcher que les membres ne partent par la porte de derrière. Photo Ansel Oliver.

L’Eglise Adventiste mondiale, qui compte actuellement près de 18 millions de membres, a perdu au moins un membre sur trois au cours des 50 dernières années, d’après les organisateurs du sommet. Durant ce siècle, le ratio de personnes perdues par rapport aux nouveaux convertis est de 43 pour 100.

« Ces chiffres sont trop élevés, » a déclaré David Trim, directeur du Bureau des Archives, Statistiques et Recherches. « Il y a une dimension théologique à ceci, c’est que la mission de Dieu est de rechercher celui qui est perdu. »

Pendant trois jours cette semaine, 100 participants venus des six continents se sont réunis au siège mondial de la dénomination pour le Sommet sur le Développement et la Fidélisation des membres afin d’examiner des données qui permettent d’avoir une image plus claire des tendances au delà des suppositions adoptées de longue date à partir d’évidences anecdotiques.

Le chercheur vétéran de l’Eglise Adventiste, Monte Sahlin, a indiqué que les raisons pour lesquelles les gens laissent l’église sont souvent moins en rapport avec ce que fait l’église ou avec ses doctrines, qu’avec les problèmes que les gens confrontent dans leur vie personnelle – conflits conjugaux, ou chômage par exemple. Ce que l’église fait et qui contribue au problème, a t-il dit, est de ne pas aider les gens alors qu’ils traversent de dures épreuves.

« L’idée de personnes abandonnant l’église à cause de quelque chose que fait l’église ou à cause de désaccords doctrinaux n’apparaît pas dans ces données, » a dit Monte Sahlin. « Il a été clairement démontré qu’un membre du comité d’église est tout aussi capable d’être en désaccord avec l’une des 28 croyances fondamentales de l’église que ne l’est quelqu’un qui a été radié. »

Plusieurs présentations ont montré que l’Eglise Adventiste a appris comment mieux conduire des actions missionnaires plus réalistes en tirant des enseignements des exemples passés. Lorsque l’Union Soviétique s’est effondrée en 1991, plusieurs groupes Adventistes ont sponsorisé des programmes d’évangélisation extravagants – avec d’immenses chorales et des présentations sur d’énormes écrans multiples. Mais alors que plusieurs organisations sponsorisant ces programmes étaient impatientes de saisir cette opportunité ne se présentant qu’une fois dans une génération, plusieurs nouveaux convertis se sont joints à l’église pensant qu’ils avaient là leur ticket pour obtenir leur propre richesse. L’église sur place n’avait pas de stratégie à long terme, ni d’infrastructure confessionnelle, et la plupart de ces nouveaux convertis ont bien vite arrêté de venir à l’église.

Une présentation a révélé qu’en Afrique du Sud, le taux d’arrivée de nouveaux membres avait ralenti, mais que l’effectif de membres avait augmenté de manière significative par rapport à la fidélisation. Ceci a amené Harald Wollan, secrétaire exécutif adjoint de l’Eglise Adventiste mondiale, a suggéré au groupe que les futurs efforts d’évangélisation devraient mettre l’emphase sur la manière dont on prend soin des membres.

Et si l’église utilisait une partie des fonds d’évangélisation pour le soin de nos propres membres ? Peut-être verrions nous une augmentation similaire au niveau de nos chiffres, » a dit Harald Wollan.

« C’est ce que nous devrons faire, » a répondu Armando Miranda, vice-président de l’Eglise Adventiste mondiale, alors qu’il présidait la session de l’après midi.

Un délégué des Philippines, Jimmy V. Adil, a demandé pourquoi les fédérations reçoivent autant de pression pour augmenter le nombre de membres, souvent de la part de leurs unions , qui dit-il, à leur tour ressentent la pression venant des divisions. Il a demandé si le siège mondial de l’église exerçait de la pression pour amener la croissance.

Le Secrétaire Exécutif de l’Eglise Adventiste, G.T. Ng a répondu : « Il n’y a aucune pression faite pour avoir la croissance. Exerçons nous de la pression sur un papayer pour qu’il produise ? …Si c’était le cas, nous freinerions probablement sa croissance. »

David Trim, le directeur de la recherche, a déclaré que le problème cependant est fréquent dans certaines régions. Mardi, il a révélé que 30 pourcent des secrétaires d’église dans une certaine division avaient été l’objet de pression les poussant à gonfler les nombres de baptêmes. « C’est un péché que de mentir au sujet de quoi que ce soit dans l’Eglise Adventiste, mais pour une raison quelconque, trop de personnes pensent qu’il n’y a pas de problème à mentir à propos des chiffres indiquant l’effectif de membres, » a dit David Trim.

L’augmentation des vérifications de registres de membres menées par les divisions permet de comabttre les cas où le nombre de membres est gonflé dans certaines régions. Il a précisé que plusieurs régions ont fait des vérifications de registres une priorité, par exemple l’Amérique du Sud, l’Asie du Sud Est et l’Afrique de l’Ouest.

« Avoir des registres de membres à jour : c’est la contribution que peut faire un ou une secrétaire à [l’emphase que place l’église sur] le réveil et la réforme, » a déclaré Onalapo Ajibade, secrétaire de la Division de l’Afrique du Centre-Ouest dont le siège se trouve à Abidjan en Côte d’Ivoire. « Il nous faut de l’exactitude. Dieu ne peut bénir un mensonge. »

Dans les coulisses des rencontres, la plus jeune personne parmi les participants, Cheryl Simpson, a déclaré qu’elle avait été encouragée par le sommet parce qu’il a permis, dit-elle, de montrer que les dirigeants de l’église voulaient encourager les jeunes adultes comme elle.

Cheryl Simpson qui est étudiante en quatrième année de psychologie à Andrews University à Berrien Springs dans le Michigan aux Etats Unis, a dit qu’elle était contente de ce que les leaders de l’église étaient désireux de regarder la réalité.

« Pour moi, c’est essentiel, parce que cela me montre que les théologiens n’ont pas peur de confronter les faits, a ajouté Cheryl Simpson.

Traduction: Patrick Luciathe

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